samedi 2 décembre 2017

C'EST BEAU VERSAILLES, la NUIT

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Pouvoir d'attraction solaire, les élégantes perchées sur dix centimètres de talon couraient sur les pavés bosselés de Versailles pour aller applaudir le contre ténor Philippe Jaroussky dans un récital de Haendel à l'Opéra Royal. J'étais souffrante deux heures auparavant et, pourtant moi-aussi, à cet instant, je vole...

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Entrer dans la lumière... J'ai failli ne pas venir en proie à de violentes migraines et me voici en train de siroter une flûte de champagne dans la Galerie de Pierre au milieu du statuaire de tous nos rois avant d'accéder à cette salle d'une beauté prodigieuse. Frileuse, j'ai changé mon plan vestimentaire pour une robe en jersey bleu marine avec col en dentelle rouge. 

Opéra royal 2

Cet Opéra Royal, tout en bois, est fragile comme le sont tous les bibelots précieux. Oeuvre de l'architecte de Ange-Jacques Gabriel, il a été inauguré le 16 mai 1770 lors du mariage de Louis XVI et de Marie-Antoinette. C'est un modèle exceptionnel sur le plan acoustique et les artistes plébiscitent cette salle loin devant toutes celles de conception contemporaine. Il a fait l'objet d'une rénovation récente pour accueillir à nouveau concerts et spectacles couplé à la Chapelle Royale. Mes photos, hélas, ne lui rendent pas hommage.

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Place à la musique avec ce récital consacré à Haendel interprété par Philippe Jaroussky et sa formation de musiciens Artaserse. Le silence tombe dans une salle pleine d'amateurs très éclairés et d'habitués qui se jaugent et se saluent de loin. Nous voici transportés par la musique et la voix hors normes de ce contre-ténor. "Orgasme lyrique" où nombre ont les yeux clos et des frissons sous la peau. Je réalise que je connaissais mal Haendel. J'apprécie. Le temps passe très vite et le concert se termine sous un tonnerre d'applaudissement, tout le public debout. L'artiste est ému et cache son visage dans ses mains. Versailles était au rendez-vous.

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Quitter Versailles à regret par la rue des Réservoirs où le carosse est une citrouille. Sentir monter aux narines cette odeur propre à Versailles quand il fait froid et humide, celle du musc et de la mousse, celle qui me rappelle mon enfance dans cette ville que j'aime tant... Oui, c'est beau Versailles, la nuit.