l'été en pente douce

Difficile d'exprimer avec des mots ce que cet adjectif réveille en moi. Adjectif d'une couleur brune, dorée et ambrée expliquée par une maîtresse d'école primaire, au détour d'une lecture, Colette, je crois. Impossible d'exprimer dans la page d'un billet, ce sentiment ressenti, mélange subtil de félicité, de sérénité et de promesses à peine murmurées sous la lumière, à la mi-août sous le ciel de Versailles. Lumière mordorée entre la cîme des platanes dont les feuilles se ramassent déjà à la pelle sur les trottoirs des avenues. Canicule et sécheresse ont sévèrement oeuvré, cette année, sans réussir à altérer, la poésie du chant du cygne de l'été.

Comme chaque année, à cette période précise, nous avons fêté l'anniversaire de Papa au Boeuf à la Mode, sa cantine, désormais. Oublié le Petit Marquis pourtant proche. Depuis mon initiation niçoise, me voici devenue accro au Spritz... à la robe orangée-mordorée. J'ai aimé le foie de veau et sa purée maison digne du regretté Joël Robuchon. En dessert, un baba. Monsieur a sacrifié à la spécialité maison, "l'incontournable ile flottante" servie à volonté avec son broc de crème anglaise. Les pommes, aussi, ont commencé à tomber dans les allées des Carrés Richaud. Versailles, au mois d'août, sous sa lumière mordorée... Bonne semaine à vous.