IMG_2294

C'est mon fils qui m'a suggéré ce titre alors que j'envisageais davantage un ascenseur pour l'échafaud tant j'étais tétanisée à l'idée de monter tout là haut. Là haut, à l'Aiguille du Midi qui m'est apparue auréolée d'un ciel mauve dès mon lever par la fenêtre de ma chambre. Dès l'aube, il fallait se hâter car ces sommets se gagnent tôt le matin si on veut pleinement en profiter. Paroles de ceux qui m'entouraient lors de ce séjour et qui pratiquent avec assiduité la haute montagne, mon fils en "premier de cordée".

aiguille du midi

Il est tôt et pourtant, il y a foule pour cette ascension matinale à 3842 mètres. Je ne suis pas très rassurée. Je crains autant cette foule bruyante que le trajet en deux étapes en télécabine. Comble de tout, presqu'au sommet et pour cause de travaux, un peu comme dans le métro, nous voici stoppés au-dessus d'un vide abyssal, la cabine ballotée par le vent, reculant, avançant avec peine. Là, je ne vous raconte pas... Je suis un peu chancelante à l'arrivée, le souffle court avec le manque d'oxygène et seulement 2° en place des 24° dans la vallée. Vite, on sort la doudoune enfouie dans le sac à dos.

DSC04384

DSC04388

DSC04391

DSC04394

DSC04397

DSC04400

DSC04404

DSC04407

Une fois là haut, évidemment, toutes les appréhensions tombent devant le panorama d'une beauté à couper le souffle. Le Mont Blanc, pourtant, m'apparait comme un géant aux pieds d'argile. Les chemins qui mènent à son sommet sont devenues des autoroutes. On se presse et pas toujours avec respect. On imaginait jusqu'à il y a peu que la montagne était solide, immuable. On se leurrait...

DSC04409

DSC04419

DSC04441

DSC04460

Je n'ai pas fait exprès. Ce billet était en préparation quand les tristes nouvelles sont, hier, tombées. Sur le versant italien, dans une vallée proche de Courmayeur, un glacier menace de se détacher de sa paroi. Il pourrait engloutir le paysage en seulement 80 secondes. Entendu à Plan Praz un guide expliquer à des randonneurs que côté français, nous n'étions pas mieux lotis et que Chamonix pourrait disparaitre dans les mêmes conditions. Du bus qui nous ramenait vers les Houches, j'observais ces fameux glaciers. Ils font grise mine, le permafrost est endommagé, les roches fragilisées se fendent comme des éventails. Sur l'Aiguille du Midi, des ouvriers travaillent sans relâche, haut perchés au-dessus du vide, pour solidement arrimer la plateforme. Illusion ? Nos petits enfants ne connaitront pas la montagne telle que nous avons pu en profiter. Le paysage va changer. A l'heure où une jeune génération nous bouscule pour endiguer la catastrophe, il est temps, grand temps de réagir avec force et détermination. Notre mode de vie, notre société doit profondément se transformer et vite !