de gaulle

Nous n'étions pas retournés au cinéma en couple depuis près de dix-huit mois. Ma dernière fois remonte à l'année dernière pour un dessin animé en compagnie de Petit Poucet. Finalement, le confinement nous a permis de voir ce film sorti en premier lieu début mars et remis à l'affiche pour la réouverture au public des cinémas. Direction donc le cinéma de Coulommiers dont je garde un souvenir professionnel amer pour avoir fait lors de sa construction les devis du marché de moquette. Une horreur à chiffrer et un boss à vomir. Nous n'étions que onze dans la salle. Onze personnes à n'avoir plus vingt ans depuis longtemps. A l'heure où on ne parle que taguer ou déboulonner les statues, c'est un peu inquiétant.

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Ce film est pourtant interessant pour ne pas dire captivant par la force d'interprétation de Lambert Wilson du début à la fin. On  oublie l'acteur habité tout entier par le Général de Gaulle pris dans la tourmente d'une guerre dont nous pensons avoir tout dit, tout écrit. Cet éclairage sur ce moment précis prouve le contraire et on admire l'homme obligé de lutter, de convaincre, de biaiser avec au coeur l'angoisse de savoir sa famille sur les routes. Il puise des forces en compulsant un herbier confectionné pour lui avec amour par sa petite Anne handicapée. Isabelle Carré campe une Yvonne de Gaulle tout à fait crédible pour ce qu'on connait d'elle. Discrète mais déterminée avec sa foi chevillée au corps, entièrement dévouée à sa famille. Je ne vais pas vous raconter par le menu l'appel du 18 juin. Je n'ai pas une vocation d'historienne. Simplement dire que je suis heureuse d'avoir retrouvé le chemin des salles obscures même masquée. Le lancement du générique des pubs a été, après cette longue abstinence, un pur enchantement. C'est dire. Si vous le pouvez, allez voir ce film car il le vaut bien et il est de notre devoir d'aider à se relancer un secteur d'activité tristement sinistré par la crise sanitaire.