DPC2020J3

Depuis quelques temps, j'avais ce billet en tĂȘte mais sous une toute autre forme. C'est le dĂ©fi couture d'automne sur Instagram qui m'a ouvert la voie pour Ă©voquer l'Ă©pineux problĂšme de la perte de poids, perte de poids durable j'entends, passĂ© un certain Ăąge. Les kilos sont arrivĂ©s, sournoisement. Pire, j'Ă©tais dans le dĂ©ni allant jusqu'Ă  incriminer mon pĂšse-personne au seul motif que je l'avais achetĂ© bon marchĂ© chez Babou. Et puis, il y a eu cette photo coup de poing de ma fille prise sous mon mauvais profil, Ă  mon insu. Avec brutalitĂ© et dĂ©goĂ»t de ma personne, j'ai pris qui conscience qu'il allait falloir faire quelque chose et urgemment pour ne pas basculer vers l'obĂ©sitĂ© morbide. Il faut dire que je m'arrangeais pour prendre la pose, en rentrant le vente et toujours vĂȘtue de vĂȘtements sombres pour cacher la misĂšre tel ce clichĂ© de gauche en fĂ©vrier 2016. 

C'est Ă  cette Ă©poque que je me suis remise Ă  la couture. Parce que les vĂȘtements du commerce ne m'allaient plus ou ne me plaisaient pas, d'une part et pour tuer le temps, aussi. C'est en prenant mes mesures que j'ai rĂ©alisĂ© de façon mathĂ©matique l'ampleur des dĂ©gĂąts. J'avais toujours Ă©tĂ© menue. Regardant les choses en face, j'ai Ă©tĂ© forcĂ©e de calculer, en toussant, que j'avais pris 18 kilos en huit ans. Loin des rĂ©gimes Ă  la mode, j'ai dĂ©cidĂ© de remettre dans l'ordre dans mon dĂ©sordre alimentaire en maĂźtrisant mes pulsions. Me concentrer sur la couture m'a beaucoup aidĂ© et chaque piĂšce rĂ©ussie ajoutĂ©e Ă  ma garde-robe Ă©tait une victoire. J'ai repris confiance en moi et les kilos, lentement mais surement, ont commencĂ© leur dĂ©crue. Le slogan ou hashtag "je couds donc je suis" n'Ă©tait pas une vaine formule mais un vrai cri de guerre contre ce surpoids Ă  pulvĂ©riser.

Quatre ans plus tard, mĂȘme si je suis encore loin de mon poids de jeune fille, photo Ă  l'appui, j'ai retrouvĂ© une silhouette beaucoup plus harmonieuse. A prĂ©sent, je considĂšre chaque cent grammes perdu comme un bonus Ă  consommer avec modĂ©ration les jours de fĂȘte ou de sortie au restaurant. J'ai jetĂ© nombre de cousettes de l'Ă©poque de mes dĂ©buts parce qu'elles avaient des dĂ©fauts de jeunesse et, pour la plus noble raison qu'elles Ă©taient devenues trop amples. Souligner quand mĂȘme que perdre dix kilos et me stabiliser m'a pris quatre ans.

A ce jour, je viens d'entrer dans une autre dĂ©marche. Celle d'ĂȘtre en auto-suffisance dans mon dressing avec 80% de ma garde-robe confectionnĂ©e par moi-mĂȘme. J'ai fait beaucoup de progrĂšs et ma nouvelle machine Ă  coudre me permet d'accĂ©der Ă  un nouvel Ă©chelon dans la difficultĂ© telle la veste que je ne tarderai pas Ă  vous montrer. J'ai appris Ă  calmer ma fiĂšvre de crĂ©ation avec des piĂšces plus abouties, taillĂ©es dans des Ă©toffes de meilleures qualitĂ© au coloris raccord Ă  ma carnation. J'ai triĂ© mes patrons pour ne garder que ceux qui correspondent Ă  ma personnalitĂ©, Ă  mon style de vie et ma morphologie. Mais de cette rĂ©flexion autour de mon vestiaire, je serai amenĂ©e Ă  vous reparler. En attendant, je vous souhaite une bonne semaine.