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Je me souviens. Daniel Eicher avait écrit ce titre dans le cadre de la guerre du Golfe en 1990. Cela allait devenir le tube de l'été suivant. Involontairement, car les paroles sont celles d'un homme désabusé par ce monde tel qu'il allait alors. Je ne sais pas vous mais moi, perso, je restreins mes passages au bistrot de plus en plus souvent pour cause d'inflation. Chaque euro épargne ne me semble plus aussi dérisoire que par le passé. Par contre, je me suis offert deux belles tasses très animales pour déjeuner en paix sur mon balcon et dans mon salon. 

Déjeuner en paix, également, car j'avais cette très mauvaise habitude de checker dès le réveil, avant même mon premier café mes mails et mes comptes bancaires. Il arrive, parfois, que des dysfonctionnements viennent pertuber l'ordre établi des choses. Hors, depuis les mois de disette qui ont suivi la liquidation de ma petite entreprise, je suis restée psychologiquement fragile sur tout ce qui touche à l'argent. J'imagine une armée des ombres venant spoilier ce qui me reste. J'ai donc décidé, après un énième bug de ma banque, de prendre du recul en ne consultant plus mes comptes à peine le réveil sonné. Ainsi, je peux déjeuner en paix !