<$CBTagMedias$>
vendredi 27 septembre 2019

Jacques Chirac ou la "carrure" d'une époque

11503618-11503645-g-k004887a4-jpg_4806223_1000x667

L'annonce du décès de Jacques Chirac, hier, alors que j'étais sur BFM en train de regarder le développement des opérations sur le site Seveso de Rouen en feu, m'a clouée sur place. On savait l'ancien président de la République malade. On savait mais n'empêche cette nouvelle m'a secouée. Je ne sais pas pourquoi, tout au long de l'après midi, de ce jeudi des souvenirs, non pas de ce grand gaillard, mais d'une époque engloutie et de la vie qui allait avec me sont revenus en mémoire. Jacques Chirac ou la "carrure" d'une époque. Cette photo ci-dessus s'est imposée d'elle-même. L'élégance du geste et cette liberté de fumer en plein conseil des ministres n'est plus. La Loi Evin allait passer par là. Juste pour ne pas déraper et faire de ce billet un hors sujet, dire à quel point, j'ai été heureuse quand Jacques Chirac a été élu président de la République en 1995. J'ai tellement eu d'aversion pour François Mitterrand, deux septennats durant que j'ai vécu cette victoire comme une réelle délivrance avec ce sentiment que la vie serait, désormais, meilleure. Je n'ai jamais plus ressenti ça et je traine de plus en plus les pieds pour me rendre aux urnes faute de choix franc pour tel ou tel candidat. Je n'ai pas pour habitude dans ce blog de rendre hommage aux personnalités disparues. Pour Jacques Chirac, c'est différent. Il incarne la "carrure" d'une époque dont j'ai souvent la nostalgie.


jeudi 10 novembre 2016

Un Président chez le Roi

1

Cette exposition était notée depuis longtemps à mon agenda mais, voulant profiter du premier dimanche d'hiver de gratuité à Versailles, j'ai failli écoper d'une mauvaise météo. J'ai eu beaucoup de chance même s'il faisait froid. Le Grand Trianon fêtait le cinquantenaire de sa restauration, entreprise entre 1963 et 1966, à l'initiative d'André Malraux, alors ministre de la Culture. Ceci, pour les besoins diplomatiques de la République. Ca se terminait le 9 novembre, date anniversaire du décès de Charles de Gaulle

2

3

4

Le Domaine de Versailles  ouvrait, exceptionnellement, ses archives et le dossier travaux de ce palais construit en 1687 par Hardouin Mansart . Ci-dessus, une photo du couple présidentiel mythique des Kennedy, en visite à Versailles en 1961. Clin d'oeil aux récentes élections aux Etats Unis que je n'ai pas souhaité commenter tellement, je suis dépitée

5

6

Une fois, le péristyle du Trianon franchi vers l'aile nord, nous entrons dans un long corridor où sont exposés de nombreux documents de l'époque. Des notes écrites de Malraux d'une écriture fine et incisive, l'agenda de Charles de Gaulle et son emploi du temps de Président de la République. D'autres classés sous le sceau du secret comme le compte rendu de ses entretiens avec des chefs d'état étrangers. Où on voit qu'au Pavillon de la Lanterne le provisoire dure longtemps puisque de nos jours, encore, notre Président Normal compris, la République y séjourne souvent...

7

8

9

10

Voici les détails chiffrés des travaux, devis à l'appui ainsi que les échantillonnages. J'ai le coeur qui bat la chamade à lire l'énoncé des entreprises de peinture et décoration puisque chez l'une des trois que je ne citerai pas, discrétion oblige, j'ai été, il y a dix ans, métreur et conducteur de travaux non pas en charge du Château mais, du Sénat. Chez une autre, en maçonnerie, mon arrière grand-père a été terrassier. Je ne m'attendais pas, en venant voir cette exposition, à tant d'émotion. Je n'ai, finalement, pas a rougir de ma carrière dans mon dos...

11

12

Nous voici dans les appartements privée de la Présidence de la République, meublée par le Mobilier National. Les visiteurs se font silencieux. On devine des entretiens avec au coeur, les intérêts de la Nation. On débute par la salle des huissiers, puis ce salon d'attente des conseillers du Président, tout tendu de velours bleu.

13

14

Le bureau de De Gaulle à l'ambiance feutrée, chaleureuse, sa chaise et son téléphone "rouge" en ébonite noire. Des bûches dans la cheminée car même avec le chauffage central, il fait froid à Versailles, en hiver. Ne pas oublier que la ville par la seule volonté d'un roi, de Mansart et de Le Nôtre a jailli d'un marécage.

15

16

Salon et salle à manger privés du Président et ci-dessous, celle du personnel

17

18

19

20

Le clou de cette visite nous le découvrons à la cave du Trianon. Ce sont les cuisines de l'Etat. Tout est moderne et fonctionnel pour préparer des repas dignes des grandes réceptions. Ci-dessus, voici le menu servi au Premier Ministre britannique Harod Wilson, le 19 juin 1967. Homard breton à la parisienne... Je demande à goûter avec le Dom Ruinart de mon année de naissance, svp ! On nous précise que chaque plat était photographié pour ne pas être servi deux fois dans la même présentation à nos invités. Prestige oblige.

21

Nous ressortons, comme des laquais, par une porte de service dérobée à la vue des cette façade tout en marbre rose donnant sur de somptueux jardins. Je ferai, peut être ultérieurement, un billet sur l'aile sud là, où se trouve la petite Galerie des Glaces où avaient lieu les grandes réceptions bien que je trouve mes photos médiocres. J'ai passé un dimanche de conte de fée à Versailles.